Foudroyée !
Par un rêve très jeune
J’avais appris que je mourais !
Je ne savais pas quand ?
Je ne savais pas comment ?
Je ne savais pas où ?
Foudroyée en Janvier 1993
Mais j’avais bien vu :
Je ne portais pas les cheveux blancs
Dans une période beaucoup plus jeune
Puisque je voulais des enfants plus tard
Donc ce serait possiblement
Lorsque je serais Maman
Mais pour la réalité
Lorsque l’on est réveillée
Puisque ce n’est qu’un rêve
On se doit de l’oublier
C’était certainement
Sans aucune importance
Sauf que mon impression
Gravée profondément
Etait forte encre par intuition
Que c’était certainement vrais
Que cela m’arriverait !
Ainsi le temps passa
N’y prêtant plus attention
Il faut bien vivre
Ce n’est qu’un rêve
Et ce n’est peut être
Que des bêtises
Ainsi le temps passa
N’y prêtant plus attention .
Lorsqu’à la fin d’une journée
Toute entière de joies illuminées
Par des partages ensoleillés
Trop rares occasions en vérité
Me faisant cette réflexion
J’en savourais les moments
En un feedback quotidien
Me disant c’est surprenant
à quoi dois je m’attendre ?
Lorsqu’une lettre urgente
Par un huissier portée
Arriva me laissant toute perturbée
Sans explication s’en est allé
Aussi rapide que son arrivée
Laissant derrière lui gêné
Un grand vide froid figé
Lire et écrire c’est pourtant très facile
Mais que ce passe t’il ?
Mais ! je ne comprenais pas pourquoi ?
Cette missive m’était devenue illisible !
Pourquoi était elle incompréhensible ?
Mais qu’est ce que cela veux dire ?
De beugguer lamentablement
Il m’a fallu du temps pour lire
De beugguer pitoyablement subir
Une menace dite sous réserve
Qui déjà sonnait le jugement
Et la condamnation à défaillir !
Les termes juridiques sont choquants
Et font trembler même les innocents
Par ce que l’épée en est tranchante
Que c’est par un cœur de fer accablant
Ecoutant et jugeant par machine broyant
Et dévorant tout sur son passage glacial
Jamais ne fera machine arrière
Même lorsque une erreur possible
Appliquer terriblement la sentence
” Déchéance sous réserve ! ”
” Présomption d’innocence ! ”
Que visiblement la justice est parfois sourde !
C’est un langage visuel et corporel qui s’imposa
à voir et à comprendre complètement spontané
Complètement démunie et vulnérable accablée
Avoir été conseillée par une avocate attristée
Qui insista de dire qu’il ne fallait pas pleurer
Afin de ne pas tenter d’influencer la juge
Se retenir avec grandeur et dignité bien sûr !
Puis on essaye de se défendre on essaye d’y croire !
Même si l’on ressent très fort que ce n’est pas la peine
Que c’est déjà trop tard que la cause est entendue
Donnant faveurs à la partie adverse stratège
Bien avant d’être écoutée défendue
Devant la juge je me suis trouvée
M’efforçant de ne pas pleurer c’était clair
Mon avocate le dire , faire pitié surtout pas !
SAUF que :
Devant cette juge dans son bureau
Dans une scène grotesque et théâtrale
Lorsque c’est tragiquement fatale et d’ordre familiale
Mon corps joua un rôle de première inattendu
Me surprenant moi même !
Ne sachant pas de quoi il était capable !
Puisque ma défense était inutile inaudible aphone
Tant le choc était violent , mon corps répliqua
Parla pour moi dans son ultime recourt
Mon corps plaidera pour moi , il prendra le relais
Authentiquement sincère mon témoin fidèle
Je savais très jeune par un rêve que je mourais
Je ne savais pas quand , ni comment çà m’arriverait
Puis subitement montant dans mes jambes
Une énergie inconnue qui s’imposa
Mes genoux ont tremblés par secousses
Créchendo ne pouvant l’empêcher et être ridicule
Mais prise dans une sorte de danse sur place assise
Me tenir en face de la juge impressionnante
Mes genoux ont tremblés par secousses
S’écartant l’un de l’autre par un rythme fou
Forts et puissants et si rapides que j’y ajoutais
Les cymbales que j’eu dans une vision du moment
Cela devenait particulièrement ironique et choquant
Mes genoux ont tremblés par secousses
Par les nerfs d’un humour aussi grave que l’évènement
J’ajoutais des cymbales d’un son infernal
Qui criait pour moi ma douleur intérieur
Quel spectacle en vérité dans ma détresse
Les danses exotiques par les Kanacs
Sans approcheraient presque
Mais je l’ai ressentis comme un séisme
Véritablement en un tremblement de terre
J’avais beau essayer de les maitriser
Mes genoux ne m’écoutaient plus
Comme devenus indépendants
Par sentiments d’impuissances
Faire bonne figure et garder la face
En vous empêchant de pleurer
Oui ! j’ai bien essayé !
Lorsque surprise encore par un masque
Avec une expression décomposée détruite
Dont le menton vibrait si fort par grands sursauts
Comment pouvait elle , la juge me voir en face ?
Je n’avais jamais vu ni entendu cela possible
Mon menton bougeant violemment par secousses
Quel dramatique spectacle où je me trouvais
Laminée terrassée mais qu’est ce que je faisais là ?
Dans le bureau de la Juge
Mon dossier minimum de défense
Sur mes genoux qui dansaient
Si bien qu’il tomba deux fois
Lourdement pathétiquement au sol
Mais n’y tenant plus d’avoir compris
Un geyser avec une puissance
Fulgurante montait de bas en haut
Le long de ma colonne jusqu’à mon cœur
Avec une envie de crier d’urgence
Me contenant demandant à sortir
Mais la juge refusa continuant
Comme si rien n’était , déterminée
Mais le geyser à s’imposer plus fort
Voulant forcer le barrage
C’est la digue qui risquait de sauter
De voler en éclat , si puissante
Ce n’est plus un moment pour rire
Il fallait absolument que je sorte
De ce bureau enfermée à écouter
Lorsque mon dossier tomba encore
De le ramasser et avec la permission
De courir dans le hall public immense
Faire jaillir expulser exploser tel un tonnerre
Un cri tribal des plus grandes profondeurs
Du plus profond de mes entrailles
Par un son grave ancestral
Mes maternités bafouées humiliées brisées
Réduites à néant aussi facilement
Comme répudiée de ma propre terre
Il suffit d’un instant pour tout perdre
Jamais je n’avais entendu en réel
Ce cri d’épouvante effroyable
Sauf dans certains films réalistes
Et tragiques que la décence oblige !
Mais en France à nôtre époque en Paix !
Mais qu’est ce que je suis en train de vivre
Réveillée tel un cauchemar
Pendant que tout le monde est bien tranquille
A continuer comme d’habitude
Leurs petites affaires à ne surtout pas déranger
Dans leurs froides certitudes
Complètement sonnée sortir du tribunal
Complètement déboussolée perdue
Avec ce décalage innommable
Comme tombée dans un gouffre sans fond
Par une vitesse vertigineuse
Avec le Ciel qui est à la fois tombé sur ma tête
Je retrouvais d’un coup nos ancêtres les Gaulois
J’aurais pu leurs dire bonjour !
Comme quoi en certaines fractions de secondes
Une vie peut basculer
Dans l’espace , le temps et la distance
selon
l’optique de l’instant illusoire mais lequel ?
Le feu incessant dans mon ventre brulant
Durant deux années et demi
Dans le lieu de mes maternités
Mais surtout ne déranger personne
Que l’on me reprocha dans mon silence
De dégager tant de souffrance que je gênais
Pour n’avoir que 15 jours d’arrêt
et retourner travailler !
Fonctionnaire , atypique en toutes circonstances !
Je ne savais pas à quel âge je mourais
Mais c’est à mes 33 ans que c’est arrivée !
C’est certainement très symbolique
Mais il y des évidences qui sautent aux yeux
Grandeur nature telle une mort initiatique
Enfin çà ne console pas beaucoup
Il faut encore réussir à la traverser
Pour renaitre de ses cendres le phénix .
Revenir vivante prend du temps
Sensations de vivre un cauchemar sans arrêt
Jours et nuits
Plus rien avoir envie que de dormir pour oublier
Surtout rien pour détruire ni miner la santé
Même pas l’amour d’un partenaire !
Il m’a fallu complètement réapprendre à vivre
J’étais comme l’ombre d’un fantôme de moi même
Pour ensuite au moins survivre au mieux
Mais par pitié arrêtez de me demander si çà va ?
Pour sous entendre que je suis malade !
Qui est capable de traverser seule sans alcool
ni drogue , ni somnifère pour me faire la leçon ?
J’avais été menacé de perdre mes enfants
Par mon ex pour me tenir en laisse soumise
Que je ne les garderais pas d’être partie !
J’étais une fille d’alcoolique de Père déchu
Différente et très seule incomprise constatant
Partout les petites combines !
Avoir confiance en qui pour demander de l’aide !
Me conseillant de faire une grève de la faim !
Non ! le plus souvent c’est le psy qui revenait
Plus pratique , ils sont magiques !
et dédouane la conscience des insensibles égoïstes
J’avais trop honte !
Et puis c’est pas possible
On enlève pas des enfants à une mère !
Elle est certainement coupable !
Tel père telle fille ! et divorcée !
Tout pour avoir tord c’est évident !
Mais pourquoi elle met la barre si haute ?
pour être la meilleure dans tout ses domaines !
Etre seule c’est suspect !
Mais comment faire confiance lorsque l’on a tout perdu ?
Qu’il n’y a rien de pire que d’être une mauvaise mère !
Avoir eu le tord d’être femme mariée d’un homme
qui rêvait d’avoir un ventre à ma place !
Et me dire sans cesse que je ne tournais pas rond !
Muse-Lyre